Les risques et facteurs de protection du stress

PREMIER MODULE | Comprendre le stress traumatique, et comment y résister et s'y adapter

CINQUIÈME PARTIE | Les facteurs de risque et de protection

En plus d’apprendre à reconnaître les « signes avant-coureurs » qui nous sont propres afin de pouvoir identifier les niveaux de stress malsains que nous subissons, il est également utile de comprendre nos facteurs personnels de risque et de protection. Les facteurs de risque exacerbent notre vulnérabilité aux réactions de stress traumatique. Les facteurs de protection réduisent notre vulnérabilité en augmentant notre résistance et notre résilience personnelles et en nous permettant de gérer des niveaux de stress plus élevés avec moins de difficulté.

Les facteurs de risque

Des études ont identifié plusieurs facteurs pouvant affecter la probabilité d’avoir des réactions de stress traumatique lors d’une exposition à des facteurs de stress suffisants. Les facteurs de risque sont les suivants :

  • La nature et l’intensité des événements traumatiques vécus par le passé : Vous n’échapperez jamais complètement à vos antécédents personnels lorsqu’il est question d’événements stressants et traumatiques. Bien que notre désir d’aider les autres puisse découler de nos blessures les plus intimes, il est important de reconnaître que le fait de confronter le traumatisme des autres peut réveiller nos propres souvenirs de souffrance et de trahison. Il est important de garder cela à l’esprit, car des études récentes affirment qu’au moins un tiers des travailleurs humanitaires sont passés par des événements traumatiques personnels avant même d’y être confrontés sur le terrain.
  • La nature et l’intensité de l’événement traumatique ou stressant qui déclenche la réaction actuelle : Le type d’événement stressant influence la probabilité d’avoir des réactions de stress et de traumatisme. Le fait de vivre ou d’être témoin d’une catastrophe d’origine humaine impliquant des actes de cruauté humaine (comme une attaque à main armée) est généralement plus stressant que le fait de vivre ou d’être témoin de catastrophes naturelles.
  • Le nombre de facteurs de stress subis : Les personnes vivant plusieurs événements et changements importants durant leur existence (le décès d’un parent ou un déménagement à l’étranger, par exemple) ont tendance à être plus vulnérables.
  • La durée de l’exposition à des situations stressantes : Plus l’exposition dure longtemps, plus le risque augmente.
  • Les facteurs organisationnels : Des études préliminaires suggèrent que les travailleurs humanitaires identifient des facteurs organisationnels comme les relations d’équipe, le leadership, la clarté des objectifs de mission et la structure de l’organisation comme leur principale source de stress chronique.
  • Les antécédents psychiatriques : Les personnes présentant des antécédents psychiatriques, en particulier celles ayant souffert d’un état de stress aigu ou d’un état de stress post-traumatique, ont tendance à être plus à même de vivre un nouveau traumatisme.
  • Manque de soutien social : Le soutien social est très important pour protéger les humains des effets du stress et du traumatisme. Des études récentes indiquent que, comparées aux personnes qui disposent de niveaux élevés de soutien social, les personnes présentant un niveau de soutien social faible ont 4 fois plus de chances de vivre un traumatisme et 2,5 fois plus de chances de souffrir d’une maladie physique quelle qu’elle soit. Les personnes célibataires présentent également des risques supplémentaires.
  • Introversion prononcée : Les personnes introverties sont généralement plus vulnérables.
  • Négativité et pessimisme : Les personnes habituellement négatives et pessimistes ont tendance à réagir plus intensément à des événements stressants et sont plus vulnérables aux troubles liés au stress. En outre, plus ils ont une opinion négative du sens de leur mission humanitaire ou de leur tâche, plus ils sont vulnérables.

Les facteurs de protection

À l’opposé, les facteurs suivants ont plutôt tendance à aider les gens à faire face à l’adversité. Ils permettent aux individus d’être moins touchés par les effets d’expériences stressantes et les aident à faire face aux transitions nécessaires après un événement stressant important :

  • Soutien social : Des compétences interpersonnelles bien développées, une personnalité extravertie et la capacité de créer et de maintenir un cercle social important et sain sont des éléments essentiels pour acquérir une stabilité et une bonne santé émotionnelle. Des études récentes indiquent que des relations interpersonnelles fortes peuvent être encore plus importantes que des compétences et connaissances personnelles en matière de gestion des traumatismes, et ainsi constituer la meilleure protection dans des environnements stressants.
  • Optimisme et saine estime de soi : Des perspectives optimistes, des expériences positives régulières sur le plan émotionnel, une saine estime de soi et une foi en soi constituent les caractéristiques propres à une personne forte et résistante.
  • Spiritualité : La spiritualité comprend la vision de l’ordre moral d’une personne ainsi que la recherche d’un sens et d’une raison d’être, les convictions religieuses, et l’espoir en l’avenir. En général, la spiritualité est un facteur de protection très efficace. Sauf lorsque la spiritualité des personnes est naïve (si elle n’a jamais été remise en question ou n’a pas été pensée de manière réfléchie), ou lorsque la personne est particulièrement inflexible concernant ses convictions spirituelles. Dans ce cas, les personnes confrontées aux défis du travail humanitaire semblent davantage vulnérables au bouleversement de leur vision rigide du monde, à la perte de notion de sens et de raison d’être, à leur propre image négative et à d’autres problèmes psychologiques.
  • Adaptabilité : Avoir un certain degré de souplesse en matière de structure des croyances, d’expérience émotionnelle et de vision du monde représente un facteur de protection.
  • Tendance à chercher un sens : La tendance naturelle à chercher un sens et un but à des événements, particulièrement à des événements stressants défiant un individu, constitue un autre facteur de protection.
  • Curiosité et ouverture d’esprit : La curiosité et l’ouverture d’esprit permettant de goûter à de nouvelles expériences sont liées à la capacité d’adaptation, la vigueur et la résistance.
  • Aptitude : Ingéniosité, maîtrise intellectuelle et compétences générales sont des facteurs de protection.

LES FACTEURS DE RISQUE

  • La nature et l’intensité des événements traumatiques vécus par le passé
  • La nature et l’intensité des événements traumatiques ou stressants qui déclenchent les réactions actuelles
  • Le nombre de facteurs de stress subis
  • La durée de l’exposition à des situations stressantes
  • Facteurs organisationnels
  • Antécédents psychiatriques
  • Manque de soutien social
  • Introversion prononcée
  • Négativité et pessimisme

LES FACTEURS DE PROTECTION

  • Soutien social
  • Optimisme et saine estime de soi
  • Adaptabilité spirituelle
  • Tendance à chercher un sens
  • Curiosité et ouverture d’esprit
  • Aptitude

Pour votre réflexion personnelle…

  • Lequel de ces facteurs de risque et facteurs de protection retrouvez-vous dans votre propre vécu, votre situation actuelle et votre personnalité ?
  • Selon vous, comment ces facteurs interagissent-ils avec le stress que vous ressentez ?
© Institut Headington 2007